economie d’image dans l’animation (traditionnelle)

Ptit truc écrit comme ça (sur un forum en fait XD) à propos de l’économie d’anime dans les films d’animation. Ca partait de cette video où on voit quelques (il y en a encore d’autres) récupérations de clés d’animes chez Disney.


recup d’anime chez Disney

Disney en est-il pour autant une grosse feignasse ?

Est-ce que Disney est le seul à reprendre ses clés d’animes ? [1] En fait , tout le monde utilise des trucs plus ou moins intelligents et plus ou moins bien faits pour amener le travail à son terme.

Reprenons depuis le début !

Le premier à faire de l’animation comme on la connait maintenant (d’autres petits films avaient déjà étés réalisés avant mais pas de façon aussi proche de l’animation traditionnelle qu’on a connu depuis lors) est : Mc Cay, l’auteur de Little Nemo.
Après un premier petit film qu’on pourrait qualifier de test en 1911, plutôt bluffant pour une première dans le domaine (hop video ici , y a au moins 4-5 minutes filmées ininteressantes au début , je préviens)


Winsor McCay – 1911 – Little Nemo

Mais ce qui nous interesse c’est surtout: Gertie le dinosaure,1914

(notez qu’il y a des tableaux de textes, comme pour un film muet , ces textes n’étaient pas écrits initialement car ils étaient prononcés en direct , le film étant projeté comme un numéro de music hall)


Gertie the Dinosaur (Winsor McCay, 1914)

A cette époque il s’agit de 1 image = 1 dessin papier , en clair le décors est dessiné sur chaque image du film ! Ce qui est très long à réaliser ! Plus tard on en est donc arrivé à ce qui a vraiment permis le développement de l’animation : le cellulo ! et la capacité d’avoir plusieurs couches de dessins , donc un décors fixe (souvent peint de façon plus détaillée) et une feuille transparente d’animation . Bien que ceci ait marqué un réel progrès dans le monde de l’animation (bien qu’au début ça n’a permis que d’éviter de redessiner le décors à chaque fois , les multiples couches n’ont pas été utilisées pleinement tout de suite , exemple si on regarde les vieux Felix , on remarquera que l’animation se passe dans les espace vides du décors ) , Évidemment McCay aussi s’est mis à cette technique …. et c’est la décadence! Autant ses premières oeuvres sont bluffantes et de bonnes qualité , autant il donne dans la récupération à l’excès et la médiocrité

Gertie 2

On remarquera que les 3/4 de l’anime sont des boucles d’animes récupérées de Gertie 1 (que j’ai montré plus haut donc)


Gertie 2

Pourtant quand il veut il peut! exemple en image : Le nauffrage du Lusitania ,1918

film de propagande pour la première guerre mondiale …. bon le côté trop perfectionniste c’était ptet pas le mieux pour ce film en particulier puisqu’il a été fini en 1918 , ce qui fait relativement tard pour la guerre , mais bon ça restera malgré la lenteur et le peu d’interêt du film une preuve qu’il était quand même capable d’une animation fluide et de l’utilisation intelligente des multiples couches et de la transparence.


Winsor McCay’s Sinking of the Lusitania

Il sembleait que la médiocrité des dernières peuvres ne soit pas la seule raison de son déclin , le style art nouveau n’était plus top à la mode non plus à l’époque , et d’autres animateurs ont commencer à apparaitre , dont Disney. Qui a commencé avec un nouveau style de film pas vraiment muet , pas encore parlant, juste musical, les Silly symphony. Je montre la première (utile pour autre chose après :D) squeleton dance 1929


The Skeleton Dance (1929)

Et donc pourquoi je montre celui là ? Hé bien comme McCay réutilise de l’anime de Gertie , comme dans les longs métrages les clés d’animes sont réutilisées , les squelettes de ce film apparaissent dans un autre court metrage de Mickey : haunted house,1929


Disney Mickey Mouse-Haunted House (1929)

Celà dit c’est quand même utilisé de façon plus intelligente que dans Gertie. Autre moyen d’économiser de l’anime:
La rotoscopie

ça consiste à “décalquer” des prises de vues réelles et s’en servir comme clés d’anime. A coup sur le timing est bon , l’anime est bonne…. quoique. Et pour prendre un exemple en restant dans la même époque : Fleischer (le papa de Betty Boop et Popeye) Betty Boop : Snow white , 1933 (la partie dans la caverne)

Je n’ai pas retrouvé la version avec la partie filmée de ce morceau du film [2], mais bon , c’est bien rotoscopé. ici l’image réelle a été très bien adaptée en cartoon. Ce n’est pas toujours le cas .

Betty Boop toujours .

Au début de la vidéo , on voit les images qui ont été rotoscopées. Bien que la danse ait quelque chose d’intéressant dans la version filmée , autant appliqué à Betty Boop c’est assez décevant , le style de Fleischer est trop délirant pour se limiter à des mouvements humains “normaux”


Max Fleischer-Betty Boop Bamboo Isle

Et ensuite viennent les techniques modernes , images 3D etc … Mais je vais m’arrêter ici

Tout ça pour dire que non Disney n’est vraiment pas le premier à faire ça , et n’est surement pas le plus mauvais dans l’économie d’anime surtout en considérant qu’il y a une vraie recherche de perfection , dans ce cas on comprend que certains mouvements soient repris . :)

Notes

[1] petit lien explicatif wikipediaen anglais, sinon pour résumer , un dessin animé est composé de suites d’images. Pour rendre un mouvement on dessinera d’abord les extrêmes et poses importantes , puis les intervalles. les clé d’animes reprennent donc les différentes positions successives du personnage.

[2] en fait j’ai retrouvé la partie filmée … qui est utilisée dans un autre film , qui suit justement : hop ça se passe là

4 comments

  1. Kara says:

    tres interessant !!!!

    je milite pour l’ecriture d”une suite à cet article :)

    par contre si tu pouvais expliquer “clé d’anime”

  2. tykayn says:

    au feu les animateurs de disney!! :D
    interessant tout ça, dommache que la première rotoscopie a été pwned.
    Dans les animatrix aussi y’a des trucs super chouettes à voir, et notamment un épizaude tout en rototo scopie! :)

  3. Fen says:

    On ne change pas une équipe qui gagne, dit-on, pourquoi changer une animation qui fonctionne ?
    La répétition tient de la mise en place d’un symbolisme, c’est à dire de la mise en place d’un code graphique qui a plus de valeur dans le message qu’il souhaite véhiculer que dans sa valeur artistique intrinsèque.
    La danse de Disney devient une expression des sentiments des personnages, peu importe la chorégraphie de la danse elle-même, dans l’absolu on pourrait aussi bien la remplacer par un panneau de texte avec inscrit ‘les personnages sont heureux, ils dansent’, son expression graphique et animée devient seulement un compromis entre le message (les personnages sont heureux, ils dansent) et l’empathie du spectateur qui partage ce sentiment. L’empathie en est d’autant renforcée que le spectateur a déjà vécu cette scène de danse, si ce n’est lui même physiquement, en tant que spectateur d’une scène similaire.
    Disney n’est pas seulement un sale branleur qui se fout du monde avec son misérable copié-collé, Disney établi un nouveau langage de l’émotion en codifiant son expression par la répétition.

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